Affaire Lyhanna : malgré une autopsie sans réponse définitive, l’enquête franchit une étape décisive avec de nouvelles accusations
L’enquête sur la mort de Lyhanna, retrouvée sans vie dans le Gers, continue d’évoluer à mesure que les investigations progressent. Si les médecins légistes n’ont toujours pas été en mesure d’établir avec certitude les causes exactes du décès de la fillette de 11 ans, plusieurs constatations réalisées lors de l’autopsie ont conduit la justice à revoir en profondeur les poursuites engagées contre Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire qui suscite une vive émotion.
Près de trois semaines après la découverte du corps de la jeune victime à proximité de Fleurance, le dossier connaît ainsi un tournant important. Les éléments médico-légaux recueillis jusqu’à présent, associés aux résultats des analyses biologiques, ont amené le parquet d’Agen à retenir des qualifications pénales beaucoup plus graves qu’au début de l’enquête.
Une autopsie qui ne permet toujours pas de déterminer les causes exactes de la mort
Le 24 juin, le parquet d’Agen a communiqué les premiers résultats de l’autopsie pratiquée sur le corps de Lyhanna. Cette expertise a été confiée à trois médecins légistes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), situé à Pontoise, dans le Val-d’Oise.
Dans leur rapport, les spécialistes expliquent que les examens réalisés n’ont pas permis d’identifier avec certitude le mécanisme ayant entraîné le décès de la jeune fille. À ce stade des investigations, aucune cause précise ne peut être affirmée avec certitude.
Cette absence de conclusion définitive ne signifie toutefois pas que les investigations sont dans une impasse. Au contraire, plusieurs observations réalisées lors de l’examen du corps constituent désormais des indices importants pour les enquêteurs et orientent les recherches vers de nouvelles hypothèses.

Des marques relevées sur le corps de la victime attirent particulièrement l’attention
Les médecins légistes indiquent tout d’abord ne pas avoir constaté de lésion traumatique au niveau du cou, ni de traumatisme interne suffisamment important pour expliquer directement la mort de l’enfant.
En revanche, leur expertise met en évidence plusieurs éléments jugés significatifs.
Parmi eux figurent notamment des marques observées sur les bras et les jambes de Lyhanna. Les experts les décrivent comme étant « hautement évocatrices de lésions d’entrave », laissant penser que la victime aurait pu être maintenue ou immobilisée avant son décès. Pourtant, aucun lien ou objet servant à attacher la jeune fille n’a été retrouvé sur les lieux ni sur son corps.
Les médecins ont également relevé la présence de contusions au niveau des commissures des lèvres ainsi qu’à l’intérieur de la bouche. Ces blessures font désormais partie des éléments analysés avec attention par les enquêteurs, qui cherchent à reconstituer avec précision les circonstances ayant précédé la mort de la fillette.
Les analyses conduisent le parquet à retenir l’hypothèse d’un viol
Au-delà des seules constatations effectuées lors de l’autopsie, les résultats des examens biologiques réalisés dans le cadre de l’enquête ont également joué un rôle déterminant.
Dans un communiqué, le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, précise que les constatations médico-légales, croisées avec les analyses biologiques, permettent désormais de considérer que Lyhanna a été victime d’un viol.
Cette évolution représente une étape majeure dans la procédure judiciaire. Jusqu’à présent, Jérôme Barella faisait principalement l’objet de poursuites pour enlèvement et séquestration. Désormais, les chefs d’accusation retenus contre lui ont été considérablement aggravés.
Le suspect est à présent poursuivi pour « meurtre sur mineure de quinze ans, précédé ou accompagné d’un viol », mais également pour « viol sur mineure de quinze ans par violence, contrainte, menace ou surprise ».
Ces nouvelles qualifications sont parmi les plus lourdes prévues par le Code pénal. Si elles étaient retenues à l’issue de la procédure judiciaire, elles pourraient exposer leur auteur à une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Les investigations scientifiques se poursuivent pour lever les dernières zones d’ombre
Malgré cette avancée importante, plusieurs questions essentielles restent encore sans réponse. Les enquêteurs ne sont toujours pas en mesure d’expliquer précisément comment Lyhanna est décédée ni dans quelles circonstances exactes les faits se sont déroulés.
Afin de tenter d’obtenir des éléments supplémentaires, le parquet d’Agen a demandé la réalisation de nouvelles expertises scientifiques.
Des examens d’anatomopathologie sont actuellement en cours afin d’étudier plus finement les tissus et les organes de la victime. Une expertise toxicologique a également été ordonnée pour rechercher l’éventuelle présence de substances qui pourraient contribuer à expliquer le décès.
Selon le procureur, ces analyses nécessitent plusieurs semaines de travail en raison de leur complexité. Les résultats ne sont donc pas attendus immédiatement, mais pourraient apporter des réponses décisives sur les derniers points encore inexpliqués.
Le principal suspect continue de contester les accusations
De son côté, Jérôme Barella continue de nier les faits qui lui sont reprochés. Malgré l’évolution des qualifications pénales prononcées à son encontre, il conteste toute implication dans les violences sexuelles et le meurtre reprochés par la justice.
L’enquête se poursuit donc sur plusieurs fronts, mêlant expertises scientifiques, investigations techniques et auditions, dans l’objectif de reconstituer avec précision les derniers instants de Lyhanna.
Les prochains résultats des analyses médico-légales pourraient désormais jouer un rôle essentiel pour déterminer les causes exactes du décès et permettre aux magistrats de disposer d’une vision plus complète de cette affaire particulièrement sensible.

