Affaire Patrick Bruel : Mimie Mathy « dans une capsule », Marlène Schiappa sort les griffes et dénonce un « rapport de domination »

« Dans une capsule », Mimie Mathy prend la défense de Patrick Bruel… Marlène Schiappa sort la sulfateuse et dénonce un « rapport de domination »

La polémique ne retombe pas autour de l’affaire Patrick Bruel. Alors que le chanteur, accusé de viols, de tentatives de viol et d’agressions sexuelles, a annoncé l’annulation de sa tournée anniversaire, les réactions se multiplient. Et cette fois, c’est la prise de parole de Mimie Mathy qui a particulièrement fait réagir Marlène Schiappa.

En quelques heures, les propos de la comédienne ont provoqué un véritable débat autour de la présomption d’innocence, de la place des victimes présumées et, plus largement, des rapports de pouvoir dans les affaires de violences sexuelles.

Tout a commencé le 1er septembre. Patrick Bruel annonçait alors la déprogrammation de 35 concerts, prévus dans le cadre de la tournée célébrant les 35 ans de son album Alors Regarde. Une décision lourde de conséquences pour le chanteur, mais aussi pour les nombreuses personnes qui travaillent autour de ses spectacles.

Après la décision prise par Patrick Bruel, Mimie Mathy réagit et n'y va pas  par quatre chemins - Yahoo! Actualités

Le lendemain, au micro de RTL, Mimie Mathy a exprimé sa tristesse face à cette annulation, tout en rappelant que la justice n’avait pas encore rendu sa décision.

Une position qui, loin de calmer les discussions, a rapidement suscité une vive réaction de Marlène Schiappa.

 Mimie Mathy défend la présomption d’innocence

Interrogée sur la situation de Patrick Bruel, Mimie Mathy a d’abord insisté sur un principe juridique essentiel : la présomption d’innocence.

La comédienne regrettait notamment les conséquences de l’annulation de la tournée pour le chanteur et pour toutes les personnes travaillant dans l’ombre des concerts.

« Je suis très triste qu’il se sente obligé d’annuler parce que la justice, pour l’instant, n’a pas tranché. C’est à la justice de trancher. »

Un propos qu’elle a ensuite accompagné d’un portrait très personnel de Patrick Bruel.

Selon elle, le chanteur a longtemps été un séducteur et aurait lui-même été confronté à des comportements insistants de la part de certaines admiratrices.

« Patrick, c’est un séducteur. Il a été séducteur. Il a été plus harcelé que harceleur, à mon avis. Mais ça, c’est la justice qui en décidera. »

Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue.

Mimie Mathy a réagi à la décision prise par Patrick Bruel concernant sa  tournée - Ode (Purepeople)

Car si Mimie Mathy entendait avant tout rappeler qu’aucune culpabilité ne peut être affirmée avant une décision de justice, Marlène Schiappa a considéré que certains arguments avancés posaient un problème beaucoup plus profond.

Marlène Schiappa : « On est revenu 20 ans en arrière »

Invitée à réagir sur BFMTV, Marlène Schiappa n’a clairement pas caché son désaccord.

L’ancienne secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes a même estimé que certains propos entendus autour de cette affaire donnaient l’impression d’un retour en arrière.

« On a l’impression qu’on est dans une capsule de voyage dans le temps. Et qu’on est revenu 20 ans en arrière quand on entendait encore des excuses sur les violences sexuelles. »

Des mots particulièrement forts.

Pour Marlène Schiappa, le fait qu’un homme célèbre puisse être très sollicité, admiré ou même poursuivi par ses admiratrices ne permet absolument pas de tirer une conclusion sur sa capacité éventuelle à commettre une violence sexuelle.

Et c’est précisément ce raisonnement qu’elle a voulu déconstruire.

« Deux faits qui n’ont rien à voir »

Marlène Schiappa s’est notamment attaquée à ce qu’elle considère comme une mise en parallèle problématique.

Patrick Bruel dans la tourmente : les réactions contrastées de Mimie Mathy  et d'autres personnalités | Ohmymag

« Elle a une rhétorique qui est extrêmement problématique parce qu’elle met en face à face deux faits qui n’ont rien à voir. »

Pour l’ancienne ministre, qu’un artiste ait pu avoir énormément de succès auprès de son public, attirer des groupies ou recevoir de nombreuses avances ne permet pas de déterminer ce qui a pu ou non se produire dans une autre situation.

Elle a ainsi pris un exemple volontairement provocateur pour illustrer son raisonnement.

« C’est comme quand on nous disait : “c’est un homme très beau, donc il n’a pas pu violer des femmes”. »

Une comparaison destinée à montrer, selon elle, que le pouvoir de séduction supposé d’une personne ne constitue pas une preuve permettant d’écarter des accusations de violences sexuelles.

« Ça n’a absolument rien à voir », a-t-elle insisté.

 « Des groupies » ne changent rien au débat

Marlène Schiappa reconnaît pourtant qu’une partie de ce que décrit Mimie Mathy peut exister.

Oui, certains artistes particulièrement populaires peuvent être entourés de fans extrêmement enthousiastes. Oui, des admiratrices peuvent chercher à attirer leur attention ou multiplier les avances.

J'ai vu ce qu'il a connu, je rejoins Mimie Mathy » : un célèbre producteur  apporte son soutien à Patrick Bruel mais nuance, « avec l'âge, il  comprenait peut-être moins… »

Mais pour elle, cela ne permet pas de répondre aux accusations qui font l’objet d’une enquête ou d’une procédure judiciaire.

Autrement dit, une personne peut être très désirée et, parallèlement, être accusée d’avoir eu un comportement totalement différent dans une autre situation.

C’est précisément cette distinction que Marlène Schiappa estime indispensable de maintenir.

La question centrale, selon elle, n’est donc pas de savoir si Patrick Bruel a pu être courtisé au cours de sa carrière, mais de comprendre ce qui s’est réellement passé dans les faits qui lui sont reprochés, ce que seule la justice peut établir.

Le « rapport de domination » au cœur de sa colère

Mais Marlène Schiappa ne s’est pas arrêtée à cette comparaison.

Elle a surtout voulu mettre en avant une notion qu’elle considère essentielle dans les affaires de violences sexuelles : le rapport de domination.

Selon elle, Patrick Bruel ne serait pas simplement un homme comme les autres dans les situations évoquées. Sa notoriété, son aura médiatique et son statut d’artiste reconnu peuvent, selon son analyse, créer une relation de pouvoir différente entre lui et certaines femmes.

« Le rapport de pouvoir n’est pas le même. »

Elle a également contesté l’idée selon laquelle le fait que certaines jeunes admiratrices aient pu être très insistantes suffirait à relativiser les accusations.

« Dire qu’il a été harcelé par des jeunes filles de 16 ou 17 ans, non ! »

Pour Marlène Schiappa, il faut donc regarder les relations de pouvoir dans leur ensemble et ne pas réduire ces situations à une simple opposition entre un « séducteur » et ses admiratrices.

« Patrick Bruel, c’est quelqu’un qui avait du pouvoir »

L’ancienne secrétaire d’État a ensuite développé son argument autour de la célébrité du chanteur.

On est revenu 20 ans en arrière" : Marlène Schiappa s'insurge contre les  propos de Mimie Mathy sur Patrick Bruel

« Patrick Bruel, c’est quelqu’un qui avait du pouvoir et qui a du pouvoir médiatique, qui a une aura, qui était un homme plus âgé que la plupart de ces femmes. »

À ses yeux, ces éléments sont importants lorsqu’on analyse les mécanismes possibles de violences sexuelles.

Elle considère que la célébrité, l’influence et la différence de statut peuvent modifier profondément une relation entre deux personnes.

Et c’est précisément ce qu’elle appelle un « rapport de domination de l’un sur l’autre ».

« Et d’ailleurs, c’est sur les rapports de domination que prolifèrent, en général, les violences sexuelles. »

Une sortie qui donne une tout autre dimension à la polémique.

Car au-delà du cas particulier de Patrick Bruel, Marlène Schiappa entend remettre en question une manière plus générale de parler des violences sexuelles : celle qui consiste à juger la personnalité, le physique, le succès ou la vie sentimentale d’un homme pour déterminer s’il pourrait ou non être mis en cause.

 Une tournée annulée et de lourdes conséquences

Pendant que les personnalités publiques s’opposent sur le sujet, l’annulation des 35 concerts a également des conséquences financières importantes.

Selon les éléments rapportés, la déprogrammation de cette tournée anniversaire représenterait environ 10 millions d’euros de pertes pour les organisateurs.

Derrière les dates annulées, ce sont aussi de nombreux professionnels qui sont concernés : techniciens, prestataires, équipes de production, salles et différents acteurs de l’organisation des spectacles.

Plutôt harcelé à une période " : après Mimie Mathy, cette autre star prend  la défense de Patrick Bruel ➡️ https://l.voici.fr/CYH

C’est notamment ce type de conséquence que Mimie Mathy avait souhaité souligner en exprimant sa tristesse face à l’annulation.

Mais pour Marlène Schiappa, ces conséquences économiques ne doivent pas détourner l’attention de la question judiciaire.

 Deux positions qui s’opposent frontalement

D’un côté, Mimie Mathy insiste sur la nécessité de laisser la justice faire son travail et de respecter la présomption d’innocence. De l’autre, Marlène Schiappa estime que certains arguments utilisés pour défendre Patrick Bruel peuvent contribuer à minimiser ou à brouiller la compréhension des mécanismes liés aux violences sexuelles.

Deux approches qui se retrouvent ainsi au cœur d’un débat particulièrement sensible.

Pour autant, un point demeure essentiel : les accusations portées contre Patrick Bruel ne valent pas condamnation, et leur réalité doit être établie dans le cadre judiciaire approprié.

C’est précisément cette frontière entre présomption d’innocence, parole publique et compréhension des violences sexuelles qui rend cette affaire aussi délicate.

Et les propos de Marlène Schiappa montrent que, bien au-delà de la seule annulation de la tournée, la controverse autour de Patrick Bruel soulève désormais une question beaucoup plus large sur la célébrité, le pouvoir, la séduction et les rapports de domination.

La suite, elle, appartient désormais à la justice.

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