POURQUOI LES GENS SEMBLAIENT-ILS PLUS MINCES DANS LES ANNÉES 70 ? PAS DE RÉGIMES MIRACLES, PAS DE FITNESS À OUTRANCE… LA VRAIE RAISON SE CACHE DANS LEUR MODE DE VIE ET ELLE POURRAIT BIEN NOUS FAIRE RÉFLÉCHIR !
Il suffit parfois de regarder quelques vieilles photos de famille.
Une plage dans les années 70.
Un pique-nique dominical.
Une sortie scolaire.
Une fête de quartier.
Et quelque chose attire immédiatement l’attention : les silhouettes semblent souvent différentes de celles que l’on voit aujourd’hui.
Attention toutefois aux apparences : une photographie ancienne ne permet évidemment pas de mesurer précisément la corpulence d’une population entière. Les habitudes variaient énormément selon les pays, les milieux sociaux et les familles.
Mais une question demeure intéressante : qu’est-ce qui a réellement changé entre cette époque et la nôtre ?
La réponse ne se trouve probablement pas dans une mystérieuse méthode minceur oubliée.
Elle se trouve davantage dans l’ensemble du quotidien.
On se déplaçait davantage à pied.
On cuisinait plus souvent à la maison.
Les portions et les produits disponibles n’étaient pas les mêmes.
Les loisirs étaient généralement moins centrés sur les écrans.
Et surtout, beaucoup d’activités qui sont aujourd’hui considérées comme du « sport » faisaient simplement partie de la journée.
Alors, sommes-nous réellement devenus plus sédentaires ?
Et surtout, que peut-on apprendre de ces anciennes habitudes sans idéaliser une époque qui avait évidemment aussi ses propres problèmes ?
ON MARCHAIT DAVANTAGE… SANS MÊME PENSER À FAIRE DU SPORT
Dans les années 70, une grande partie des déplacements quotidiens reposait davantage sur la marche, les transports collectifs ou le vélo selon les lieux de vie.
Faire une course à quelques rues de chez soi pouvait signifier marcher.
Aller chercher du pain impliquait parfois une petite promenade.
Les enfants se rendaient davantage à pied à certaines activités ou passaient de longues heures dehors.
Aujourd’hui, de nombreux déplacements très courts peuvent être réalisés en voiture, tandis que les ascenseurs, escalators et services de livraison réduisent encore les occasions de bouger.
La différence essentielle n’est donc pas forcément une question de volonté.
C’est le décor quotidien qui a changé.
Autrefois, on pouvait accumuler de nombreux petits mouvements sans jamais avoir l’impression de « faire de l’exercice ».
Marcher jusqu’à l’école.
Monter les escaliers.
Porter les courses.
Jardiner.
Bricoler.
Jouer dehors.
Ces gestes semblent insignifiants pris séparément.
Mais répétés chaque jour, ils contribuent à augmenter l’activité physique totale.
LE SPORT N’ÉTAIT PAS FORCÉMENT NÉCESSAIRE POUR ÊTRE ACTIF
C’est peut-être l’un des paradoxes les plus intéressants.
Aujourd’hui, nous pouvons passer une journée presque entièrement assis… puis essayer de « compenser » avec une séance de sport d’une heure.
Dans un mode de vie plus actif, cette logique était moins présente.
On pouvait être en mouvement sans posséder de montre connectée, sans abonnement à une salle de sport et sans suivre ses calories.
Une partie de l’activité physique était simplement intégrée aux tâches quotidiennes.
Le corps travaillait parce que la vie quotidienne lui demandait de travailler.
Et cette différence entre activité physique structurée et mouvement quotidien est essentielle lorsqu’on compare les modes de vie.
DANS LA CUISINE, LES ALIMENTS ÉTAIENT SOUVENT MOINS TRANSFORMÉS
Les supermarchés existaient évidemment déjà.
Les produits industriels aussi.

Il serait donc faux d’imaginer les années 70 comme une époque sans plats préparés ni sucreries.
Mais dans de nombreux foyers, la cuisine maison occupait une place importante.
On achetait des ingrédients.
On épluchait.
On découpait.
On faisait mijoter.
On préparait les repas à l’avance.
Un repas pouvait être relativement simple : légumes, féculents, œufs, viande ou poisson selon les habitudes familiales, puis un fruit ou un dessert.
La cuisine demandait également du temps et un certain effort.
Aujourd’hui, l’offre alimentaire permet de consommer très facilement des produits prêts à manger, parfois extrêmement pratiques mais également très denses en énergie.
Le changement ne concerne donc pas uniquement ce que nous mangeons, mais aussi la facilité avec laquelle nous pouvons manger à n’importe quel moment.
LE GRIGNOTAGE PERMANENT N’ÉTAIT PAS AUSSI FACILE
Imaginez une journée sans smartphone.
Sans application de livraison.
Sans distributeur à chaque coin de bâtiment.
Sans notifications vous rappelant constamment l’existence d’un nouveau produit à acheter.
L’environnement alimentaire était évidemment différent.
Les repas étaient généralement davantage structurés autour de moments précis de la journée.
Petit-déjeuner.
Déjeuner.
Dîner.
Cela ne signifie pas que personne ne grignotait dans les années 70.
Les biscuits, bonbons, glaces et boissons sucrées existaient bel et bien.
Mais notre environnement actuel rend la consommation entre les repas particulièrement simple : la nourriture est disponible presque partout, presque tout le temps.
ET LES PORTIONS ? ELLES ONT ELLES AUSSI ÉVOLUÉ
Un autre changement souvent évoqué concerne la taille des portions.
Au fil des décennies, certains produits et repas proposés dans la restauration ont connu une augmentation de leur taille.
Aujourd’hui, le consommateur est régulièrement confronté à des formats « maxi », aux menus XXL et aux suppléments permettant d’obtenir davantage de nourriture pour quelques euros supplémentaires.
Le problème est simple : plus la portion augmente, plus il devient facile de consommer davantage sans nécessairement avoir l’impression de manger beaucoup plus.
Dans les années 70, les formats disponibles n’étaient pas identiques à ceux d’aujourd’hui.
Mais là encore, il faut éviter la caricature.
Tout n’était pas automatiquement plus petit, plus sain ou plus équilibré à cette époque.
La différence réside surtout dans l’environnement global.
LA TÉLÉVISION ÉTAIT PRÉSENTE… MAIS ELLE NE NOUS SUIVAIT PAS PARTOUT
La télévision faisait déjà partie de nombreuses familles.
Mais son fonctionnement était radicalement différent de celui des écrans actuels.
On regardait généralement un programme précis.
Puis, une fois l’émission terminée, il n’y avait pas nécessairement une infinité de contenus à regarder.
Aujourd’hui, un téléphone peut nous accompagner du réveil au coucher.
Ordinateur au travail.
Smartphone dans les transports.
Télévision le soir.
Tablette avant de dormir.
Et cette multiplication des écrans peut favoriser davantage de temps passé assis.
Le problème n’est donc pas simplement la télévision des années 70 contre Internet aujourd’hui.
C’est la transformation complète de notre environnement numérique.
LE CANAPÉ A CHANGÉ DE RÔLE
Autrefois, regarder la télévision pouvait être un moment précis de la journée.
Aujourd’hui, un écran peut être allumé en permanence.
On mange devant une série.
On travaille devant un ordinateur.
On consulte son téléphone pendant une pause.
On regarde une vidéo au lit.
On répond à un message pendant le dîner.
Cette accumulation de petits moments assis peut représenter une différence considérable sur une journée entière.
Et lorsque les heures de sédentarité augmentent, les occasions de mouvement spontané diminuent mécaniquement.
LE SOMMEIL : UN AUTRE ÉLÉMENT À NE PAS SOUS-ESTIMER
Le sommeil joue également un rôle important dans l’équilibre général du corps.
Or, nos habitudes modernes peuvent facilement repousser l’heure du coucher.
Une dernière vidéo.
Un dernier message.
Un épisode supplémentaire.
Une notification à laquelle répondre.
Et voilà comment quelques minutes deviennent une heure.
Le manque de sommeil peut notamment influencer la faim, la satiété et les comportements alimentaires chez certaines personnes.
Cela ne signifie évidemment pas que dormir davantage suffit à faire perdre du poids.
Mais le sommeil fait partie du puzzle, au même titre que l’activité physique et l’alimentation.
LE STRESS EXISTAIT AUSSI DANS LES ANNÉES 70
Il serait faux de présenter cette époque comme une période sans stress.
Les difficultés professionnelles, financières, familiales ou sociales existaient évidemment.
La différence est plutôt liée à la manière dont nous sommes exposés aujourd’hui aux informations et aux sollicitations.
Notifications.
Messages instantanés.
Actualités en continu.
Réseaux sociaux.
Courriels professionnels.
Nous pouvons désormais être sollicités pratiquement à n’importe quelle heure.
Cette disponibilité permanente peut compliquer la récupération et le repos chez certaines personnes.
Et lorsque la fatigue s’accumule, les habitudes alimentaires et l’activité physique peuvent elles aussi être affectées.
ALORS, ÉTAIT-ON VRAIMENT PLUS MINCE DANS LES ANNÉES 70 ?
La réponse mérite davantage de nuance qu’une simple comparaison entre « avant » et « maintenant ».
Les populations n’étaient pas toutes minces dans les années 70.
Les problèmes de poids existaient déjà.
Les habitudes alimentaires variaient considérablement.
Et les conditions de vie pouvaient être très différentes selon les personnes.
Mais sur plusieurs décennies, les données de santé publique montrent une progression importante du surpoids et de l’obésité dans de nombreux pays.
Ce phénomène ne peut pas être expliqué par un seul aliment, une seule habitude ou un manque de volonté.
Il est lié à une combinaison de facteurs : alimentation, activité physique, environnement, sommeil, conditions sociales, urbanisme et disponibilité permanente de nourriture, entre autres.
CE QUE NOUS POUVONS RÉCUPÉRER DES ANNÉES 70 SANS Y RETOURNER
Il n’est évidemment pas question d’abandonner Internet, de supprimer les voitures ou de vivre comme nos grands-parents.
Certaines habitudes du passé peuvent cependant être adaptées à notre quotidien moderne.
Marcher davantage, même pour de petits trajets.
Prendre les escaliers lorsque cela est possible.
Cuisiner plus souvent avec des aliments simples.
Manger à table, sans forcément garder un écran allumé en permanence.
Limiter le grignotage automatique lorsque l’on mange simplement par habitude.
Préserver son sommeil en créant une véritable coupure avec les écrans.
Passer davantage de temps dehors, pour marcher, jardiner, jouer ou simplement bouger.
Le but n’est pas de reproduire exactement les années 70.
C’est de retrouver une partie de ce que notre mode de vie moderne a progressivement supprimé : le mouvement naturel.
ET SI LE « SECRET » ÉTAIT BEAUCOUP PLUS SIMPLE QU’ON NE LE PENSE ?
Il n’existe probablement pas de secret magique caché dans les vieilles photographies.
Les gens des années 70 n’avaient pas découvert une formule secrète pour rester minces.
Ils vivaient simplement dans un environnement différent.
Un environnement où il fallait souvent marcher pour se déplacer, cuisiner pour manger et sortir pour se divertir.
Aujourd’hui, la technologie nous permet de faire presque tout sans bouger.
Commander.
Travailler.
Acheter.
Communiquer.
Se divertir.
Et même rencontrer des gens.
Le véritable changement pourrait donc se résumer à une question toute simple : combien de mouvements avons-nous retirés de notre quotidien sans même nous en rendre compte ?
Peut-être que la leçon des années 70 n’est finalement pas de manger moins.
Ni de suivre un régime à la mode.
Ni de chercher une nouvelle méthode miracle.
Peut-être est-elle simplement de remettre davantage de mouvement dans les petites choses de la journée.
Car parfois, rester en forme ne commence pas par une salle de sport.
Cela commence par quelques pas de plus.
